Médecine Réflexions

4 ans en tant qu’ostéopathe

Vous aussi vous avez l’impression que plus ça va, plus le temps passe vite ? Ces derniers mois j’ai plein de projets en tête et pour une fois j’essaie de les mener au bout. Je suis un peu spécialiste de ça. Du coup je suis moins présente ici, il est temps que je m’y remette.
Il y a quelques temps sur Instagram j’ai fais un poste sur mes 4 ans en tant qu’ostéopathe. J’avais dis que j’en ferai un article avec un peu plus de détails. Ça y est, c’est le moment.

Je vous l’ai déjà dit mais, je crois que depuis que je suis en 6ème, je veux être ostéopathe. Je le notais sur la fiche de début d’année où on devait dire le métier que l’on voulait faire plus tard. J’allais en voir depuis que j’étais enfant et cela m’avait plu, moi aussi je voulais aider les gens à aller bien, à aller mieux.

Puis j’ai un peu changé d’avis, toujours dans le médical, mais cette fois-ci cela impliquait de passer par la fac de médecine. En fait je ne savais pas du tout comment il fallait faire pour être ostéopathe. J’avais cherché en 3ème sans trouver de réponse, jusqu’à ce qu’une amie en parle en terminal. Petit moment de réflexion, pour finalement partir dans des études pour être ostéopathe.

Même si j’en voyais depuis que j’étais enfant, je ne connaissais pas grand chose à ce monde. Je ne savais pas que c’était autant « à la mode », qu’il y en avait de plus en plus et donc que le marché du travail devenait de plus en plus bouché. Il n’y a pas de numerus clausus dans cette profession.
Malgré la peur que cela a pu me susciter apprenant cela, c’était ce que je voulais faire et donc je me disais que ça marcherait forcément.

Je suis d’ailleurs toujours plus ou moins persuadé de ça. Si c’est ce que l’on aime vraiment faire et que l’on fait en sorte que ça marche, cela marchera. Par contre il faut être patient, il faut continuer d’y croire, d’agir et ne pas lâcher prise.
Ce n’est pas un métier toujours facile, parce que c’est une perpétuelle remise en question. De soi, de sa pratique, de ce que l’on fait. Et que l’on est pas toujours entouré.
Parce que pendant les études même s’il ne devrait pas y avoir de compétition comme en médecine, elle est plus ou moins présente. Et à la sortie de l’école elle persiste, parce qu’il faut faire sa place sur le marché, parce qu’il y a encore une petite guerre avec les médecins et les kinésithérapeutes, même si la situation s’améliore. Alors que ce soit entre ostéopathes ou entre médecins et kinésithérapeutes, il n’y a aucune raison. Chacun a sa place et travailler ensemble est faisable et préférable. Chacun a sa manière de faire et ses spécialités (même entre deux ostéopathes).

Mais au fil du temps on apprend. On finit par s’entourer, on a un peu plus d’assurance, jusqu’à la prochaine remise en question et ainsi de suite. Mais à chaque fois on en ressort meilleurs (comme dans la vie en fait).

Je voulais donc partager avec vous mes 4 ans en tant qu’ostéopathe à mon compte.
Je me souviens que certaines personnes m’avait dit au début “Waouh c’est génial, tu es ostéopathe à ton compte !”. Mais en fait il n’y a rien d’extraordinaire à cela, tout simplement parce qu’il est difficile de faire autrement dans cette profession. Il existe quelques postes de salariat dans les hôpitaux ou cliniques mais cela reste rare.
Avant de vous parler des leçons que j’ai pu en tirer je vais vous raconter mes expériences.

Mes différentes expériences d’ostéopathe

A 23 ans me voici diplômé de l’Institut Toulousain d’Ostéopathie et pour des raisons personnelles je décide de partir à Paris.
“Lâché dans la nature” sans comprendre grand chose à tout ce que je dois faire, comment et pourquoi.
Je n’ose pas demander à ceux qui seraient susceptibles de me répondre. Par peur de déranger, et de passer pour quelqu’un de bête, parce je ne sais pas telle ou telle information. Alors qu’en fait, on passe tous par là.

L’assistanat – la collaboration

J’ai quand même de la chance, une amie de la famille est ostéopathe en région Parisienne et à besoin d’une assistante.
Le principe d’être assistante/collaboratrice est de travailler dans le cabinet d’un ostéopathe et de lui reverser un certain pourcentage des consultations que l’on effectue.
Au début forcément je ne gagne pas énormément. Le temps que je me fasse connaître et que les patients de ma collègue soient assez confiant pour me voir. (pas facile quand on est habitué à quelqu’un et c’est tout à fait compréhensible).
Alors en complément je cherche autre chose.

Le cabinet libéral

Je trouve un cabinet avec d’autres ostéopathes. Je n’y reste que quelques mois, cela ne me convient pas. Les personnes sont très sympas, ainsi que le lieu. Mais j’ai peu de patients et donc difficile de payer le loyer qui pour Paris n’est pourtant pas très cher. Et malgré tout cela je n’ai pas eu envie de continuer.

Le cabinet partagé dans un centre de bien-être

Je trouve un lieu pas très loin de chez moi, qui permet à des praticiens de bien-être et de médecines douces de louer des salles à l’heure. Cela a pleins d’avantage, c’est à côté de chez moi, pas très cher.
Je l’ai quitté en partant au Brésil et j’ai décidé de ne pas y revenir parce que certaines choses me dérangeaient. Les propriétaires sont très gentils mais je trouve qu’ils poussent un peu à la consommation et cela me dérangeait, je ne me sentais pas totalement libre. Dommage quand je choisis mon métier en partie pour cette raison.

L’ostéopathie en entreprise

Je travaille pour une start-up qui permet de mettre en relation des ostéopathes avec des entreprises. Je fais donc des consultations en entreprises. C’est sympa cela me permet de me faire de l’argent en plus. De rencontrer d’autres ostéopathes qui deviennent des amis pour certains. Mais au bout d’un certain temps, c’est fatiguant. Je me retrouve parfois à aller faire des consultations en région parisienne, loin de chez moi et ce n’est pas ce qu’il y a de plus pratique. J’ai arrêté quand je suis partie au Brésil et même s’il n’y avait pas eu cette raison, j’avais quand même prévu d’arrêter.

Le résultat

Au bout d’un certains temps je travaillais dans 3 ou 4 endroits différents. Dans une journée il m’arrivait de travailler dans un endroit le matin et de devoir me dépêcher par la suite pour travailler dans un autre lieu, plus ou moins à l’opposé de là où j’étais.
Alors même si j’avais un bon chiffre d’affaire à la fin du mois, cela devenait épuisant.
Ce que je préfère faire c’est travailler en assistanat avec une ostéopathe et de temps en temps faire des remplacements de copines qui partent en vacances ou pour d’autres besoins. Au fil des années je me suis fait un petit réseau et quand des amis d’amis n’ont personnes pour les remplacer on pense à moi, et cela me convient parfaitement.
Pour le moment je ne préfère pas créer mon propre cabinet. Je préfère me laisser la possibilité de partir à l’aventure et surtout je le ferai mais quand je ne serai plus à Paris.

Le Brésil

Quand à mon année au Brésil, c’était une forte envie de partir, je vous en avais déjà parlé.  Mais pourtant cela a été difficile de laisser mes petits patients adorés. De plus sur place j’ai fais quelques consultations mais assez peu et cela m’a beaucoup manqué. Et en même temps ça a confirmé ce que je savais déjà. J’adore ce métier.
Et finalement cette expérience m’a permise de commencer à mettre en place d’autres projets, de me lancer dans certaines choses que je voulais faire depuis longtemps mais que je n’osais pas. Faire des ateliers de bien-être, écrire des articles…

Et depuis mon retour en France, je consulte de nouveau en cabinet et je garde en tête tout ce que j’ai initié au Brésil. Je vous en parle un peu plus en détail à la fin de l’article.

Les leçons que j’en ai tiré

Avec ses expériences j’ai appris certaines choses et je me dis que cela peut parler à tout le monde, pas uniquement les ostéopathes. J’ai donc envie de le partager.

On ne peut pas tout savoir

Ce que je vous partage ce n’est que mon expérience en tant qu’ostéopathe, qui m’est propre. Ce n’est pas forcément celle qui faut suivre. En tout cas, c’est celle que j’ai choisi, plus ou moins consciemment. Si vous êtes ostéopathe suivez votre cœur, les propositions qui vous sont présentées et faites votre propre expérience. Je suis loin de tout savoir et de toute façon on ne saura jamais tout. Surtout dans notre société, où tout change tout le temps, et tellement vite. Cela peut-être dur d’être toujours à jour.
C’est peut-être ce que j’ai appris de plus important en 4 ans.

Ouvrir son champ de connaissance et de rencontre

Je suis persuadée que l’on peut retrouver des similitudes dans des situations, qui au premier abord semblent totalement différentes.
Étant ostéopathe, peut-être que ce que je dis s’adresse plus à des ostéopathes. Pourtant, je pense que cela peut aussi être utiles pour des gens qui entreprennent, travaillent à leur compte, ou autre et qui se reconnaitront dans ce que je raconte. De même que des personnes d’autres milieux m’apprendront forcément des choses forcément utiles.
On apprend toujours des expériences des autres. J’adore pour ma part savoir comment certains en sont arrivés là où ils en sont.

La patience

Peut-être le plus dur, pour moi en tout cas. Et pourtant je suis quelqu’un de très patient normalement.
On a envie tout de suite d’avoir plein de monde, d’avoir un cabinet qui marche, de gagner beaucoup d’argent. Parfois cela arrive très vite, mais ces cas-là ne sont pas les plus fréquents. Alors il faut être patient. Il faut environ 3 ans pour commencer à bien gagner sa vie.
Comme j’aime bien dire “dans notre métier, on reçoit des patients et nous devons nous même être patient”. Cela vaut autant pour la manière dont on appréhende la situation, que pour le fait qu’il ne faut pas nous oublier et nous aussi, aller consulter un ostéopathe ou autre thérapeute. Prendre soin de soi.

L’échec n’existe pas

Il n’y a pas d’échec ou alors ça serait celui de ne pas avoir essayé.
Comme on a envie que ça marche, on va essayer plusieurs choses. Certaines fonctionneront, d’autres non. Il vaut mieux être déçu que cela n’ait pas marché, plutôt que regretter de ne pas avoir essayé.
Il faut oser, tenter, prendre des risques, et puis, rien n’est définitif, si on voit que cela ne marche pas, on peut toujours arrêter. Et surtout faites confiance à votre instinct, en général on sait assez rapidement.

Avoir confiance

Il y a pas longtemps j’ai lu une phrase intéressante qui disait que dans nos métiers de thérapeutes (pas uniquement ostéopathe) il faut trouver le bon dosage de confiance.
C’est important d’avoir confiance en ses capacités, dans ce que l’on fait. Pour autant cela ne doit pas nous faire penser que l’on sait déjà tout, que l’on a plus rien à apprendre.
Avec le temps on va forcément s’améliorer. Et si on est là où on doit être, que l’on fait ce que l’on aime, ça ne peut être que bien.

Et aujourd’hui

Depuis mon retour en août, ce n’est pas un  vrai retour à zéro. Comme je suis revenue à Paris, je retrouve quelques patients, et surtout j’ai gardé mes amis ostéopathes qui me permettent de travailler. Il y a des mois un peu plus difficile mais comparé à ma première année, cela n’a rien à voir.
Comme je vous le disais, un jour j’ouvrirai mon propre cabinet mais ce n’est pas prévu dans les années à venir et pas sur Paris. Alors ça sera dur de partir à nouveau et de laisser les patients auxquels on s’attache forcément et de devoir repartir de zéro ailleurs.
Mais c’est mon choix, et je suis en accord avec ça et c’est le principal.
Et puis je ne sais pas réellement ce qui se passera dans l’avenir. Peut-être que cela sera différent de ce que j’ai en tête actuellement.

Alors même si ce métier n’est pas toujours facile. Travailler à son compte c’est avoir des périodes plus creuses que d’autres, souvent des remises en questions.
Pourtant j’adore mon métier. Je peux choisir mes horaires, je rencontre des gens passionnants tous les jours, je participe à leur mieux-être et voir cela, c’est un vrai bonheur. Je continue à m’enrichir et à apprendre des choses extraordinaires lors de formations.
J’ai aussi envie et la possibilité de faire moi aussi des formations, des ateliers, d’enseigner aux gens soit le métier d’ostéopathe, soit comment être bien avec son corps. Le chemin est en train de se faire, de s’éclairer. J’adore ça et je ne suis pas prête de changer.

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